jeudi 12 novembre 2009

Germains, Vikings et civilisation française


On sait depuis longtemps ques les peuples germaniques anciens (Francs, Saxons, Burgondes, Wisigoths, puis à partir de la fin du VIIIème siècle, Vikings norvégiens et danois), ont apporté une contribution majeure à la formation politique de la France. Les études historiques, linguistiques et archéologiques récentes montrent que leur apport fut aussi sensible dans les domaines culturels et linguistiques.
Voici trois nouveaux ouvrages qui livrent des données passionnantes à ce sujet.


E. Ridel, Les Vikings et les mots. L'apport de l'ancien scandinave à la langue française, Editions Errance, Paris, 2009.

Les Vikings se sont établis au cours des IXe et Xe siècles dans une partie de l'ancienne Neustrie carolingienne. Ils n'ont pas bouleversé les structures matérielles et politiques de la société franque mais ont laissé des traces linguistiques bien perceptibles dans l'onomastique (noms de personnes et de lieux) et le lexique. Ces hommes ont, en effet, transmis à leurs descendants tout un vocabulaire issu de leur civilisation, ultime vestige de leur langue disparue : l'ancien scandinave.Pour la première fois, les « mots des Vikings » en langue d'oïl ont été inventoriés et examinés selon des perspectives scientifiques. Rassemblés dans un glossaire, ils ont fait l'objet d'investigations linguistiques minutieuses qui présentent leur sens, leur prononciation, leur forme, leur étymologie et leur histoire, tout en s'appuyant sur des citations (depuis les plus anciennes chartes médiévales jusqu'au patois de Normandie), sur des comparaisons avec les langues d'Europe du Nord et du Nord-Ouest et sur des documents iconographiques qui éclairent la vocation maritime de ce lexique. Le glossaire est précédé d'une analyse historique, lexicologique et quantitative, qui permet de comprendre les conditions d'emprunt et de survivance des mots d'ancien scandinave au sein de notre langue.Cette étude apporte un complément appréciable aux recherches historiques et archéologiques menées ces dernières années sur le dossier scandinave de la Normandie. Elle tend également à confirmer l'acculturation rapide des Vikings à la société carolingienne, malgré des éléments originaux qui se manifestent dans le domaine maritime.


S. Lemagnen (dir.), La tapisserie de Bayeux : Une chronique du temps des Vikings ?, Editions Point de vues, Paris, 2009.

Le colloque qui s’est tenu en mars 2007 autour de la Tapisserie de Bayeux a abordé à la fois la célèbre broderie (son histoire, ses origines, son empreinte dans la littérature, ses détails...) et son contexte historique. Le livre s’adresse ainsi autant aux amoureux de la Tapisserie de Bayeux, qu’aux passionnés d’Art et d’Histoire.
Les plus grands spécialistes du sujet, venus de France et d’étranger, se sont réunis lors de cet exceptionnel événement. À travers les dernières études universitaires menées, ce colloque fait le point sur l’avancée historique de la plus fabuleuse épopée de l’histoire des Normands : les silences de la broderie; les sources artistiques de la Tapisserie : Vikings, normandes, anglaises ou carolingiennes; la Tapisserie et sa parenté avec les tentures historiées scandinaves du Moyen Âge ; les animaux, les bateaux dans la broderie, la perception de l’oeuvre...



M. Kulikowski, Rome et les Goths, IIIème - Vème siècle. Invasions et intégration, Editions Autrement, Paris, 2009.

Vers la fin d'août 410, l'armée des Goths, à court de vivres et au bord de la mutinerie, stationne aux portes de Rome affamée.Son chef Alaric n'a plus d'autre issue que de piller Rome. En trois jours, la Ville éternelle succombe... pour la première fois depuis huit cents ans. Cette date de 410 fut longtemps considérée comme marquant la fin brutale de l'Antiquité. Les Goths, des barbares venus de l'est, auraient, en cent ans de guerres incessantes en raison de cultures supposées irréconciliables, attaqué l'Empire romain jusqu'à sa perte.Il n'en est rien. Ce sac de Rome par Alaric vient clore une période de deux cents ans - les IIIe et IVe siècles - au cours de laquelle les Goths, peuples des confins, se sont intégrés peu à peu au monde romain. Rome et les Goths explique, grâce à une relecture critique des textes anciens, les premières mentions des Goths aux frontières du monde romain, leur entrée en relation avec l'immense puissance de Rome et leur riposte violente quand l'armée romaine fut envoyée pour les détruire.Amis ou ennemis de l'Empire, les Goths sont inséparables de l'histoire de Rome, entre invasions et intégration. Une relecture passionnante et provocante de la fin de l'Empire romain d'Occident.

jeudi 5 novembre 2009

Le vin gaulois

Chant traditionnel français




Le vieux vin gaulois

Pour une version plus rock.

Un chant à apprendre et à transmettre !


Vive le vieux vin de vigne,
le vieux vin gaulois !

TAN TAN ! TERRE ET CIEL
CHÊNE FEU ROUGE ET SOLEIL
TAN TAN GLAIVE CLAIR
FLOTS DE SANG VERMEIL.

Mieux que bière ou vin de pomme
mieux vaut vin gaulois !

C'est le sang gaulois qui coule
c'est le sang gaulois !

Chant du glaive bleu qui frappe
chant du glaive roi !

Sang et vin mêlés ruissellent
sang et vin gaulois !

Glaive maître des batailles
glaive honneur à toi !

Qu'au soleil le fer flamboie
comme l'arc en ciel !

Amaury Piedfer.

dimanche 1 novembre 2009

SAMONIOS


Nous entrons dans le mois que les Gaulois appelaient SAMONIOS, comme en atteste le calendrier de Coligny. Depuis des millénaires probablement, le début de cette période est le moment d'importantes célébrations qui consistent à marquer les passages : il s'agit du traditionnel SAMAIN celtique, dont notre Toussaint et Halloween sont des avatars chrétiens et modernes.
Célébrations des passages, puisque nous entrons dans la saison froide, sans qu'il n'y ait plus de redoux à espérer ; la végétation entre en sommeil et les journées sont désormais beaucoup plus courtes. Mais aussi parce que cette période est aussi celle de la rencontre des morts et des vivants, un moment où les premiers peuvent être perçus sensiblement par les seconds. La vie des hommes s'identifie à la marche du Cosmos : lumière, vie, obscurité, mort, dans un cycle infiniment renouvelé.

Les Gaulois auront donc à coeur, en cette Toussaint/Samain, d'évoquer la mémoire de leurs ancêtres ; et pour cela, point n'est besoin de grandes pompes : une simple gerbe de fleurs de saison sur une sépulture, une chandelle allumée devant la photographie des êtres chers disparus, cela peut amplement suffire pour ceux qui se sentent vivre au rythme du Cosmos.

vendredi 30 octobre 2009

L'alignement de menhirs de Couches

C'est à Epoigny, sur le vaste plateau dominant la cité médiévale de Couches, en Bourgogne méridionale, qu'une communauté du Néolithique décida l'édification d'un vaste alignement qui, bien qu'encore impressionnant aujourd'hui, devait alors dépasser ce que nous avons sous les yeux. Si les lieux, bucoliques et cernés par de grands chênes, invitent à la rêverie le promeneur du XXIème siècle, ils posent aussi des questions sur ce que nous sommes.
Les roches colossales qui servirent à façonner les menhirs proviennent d'un gisement de granite qui, au plus court, se trouve à cinq kilomètres du site. On imagine aisément non seulement les efforts nécessaires, mais aussi le degré d'organisation sociale et la capacité à se libérer des activités de subsistance, qu'une telle entreprise implique.
L'alignement formait sans doute un vaste V et devait être destiné, comme en d'autres lieux similaires, à l'observation astronomique et à la célébration de la marche du Cosmos. Fréquenté jusqu'en pleine époque gallo-romaine, le site nous dit encore que les hommes d'Europe se sont longtemps perçus comme des éléments à part entière du monde et du Cosmos et qu'établis en communautés solidaires, ils peuvent soulever des montagnes, au propre comme au figuré.

Admirons leur sagesse !

En savoir plus sur les menhirs d'Epoigny.

mercredi 28 octobre 2009

Du nouveau sur la Galice


Terre celtique depuis 2500 ans, la Galice nous rappelle que nos voisins d'outre-Pyrénées portent, eux aussi, une part de l'héritage celte. Encore trop méconnue en France, la culture de la Galice mérite que l'on s'y arrête un peu. Il est vrai que la bibliographie en français est plutôt rare sur le sujet, mais la revue Keltia propose fort heureusement, dans son dernier numéro (13, juillet-septembre 2009) un dossier très commode pour découvrir l'Histoire et les traditions de ce finistère hispano-celtique.

Au sommaire :

Dossier : La Galice, cette autre terre celte
Des Callaeci aux Galiciens, une très ancienne celticité
La civilisation des castros
Une littérature enracinée
Une grande figure de la Galice : Daniel Alfonso Castelano
Culture et musique galicienne
Cristina Pato, la diva de la cornemuse galicienne
Susana Seivane se révèle...
Le chevalier venu de Galice

A. L.

mardi 27 octobre 2009

Communauté ?

Certains en parlent, d'autres le font. Et vous ?




En savoir plus sur Des Racines et des Elfes.

lundi 26 octobre 2009

Siegfried II : La Walkyrie

Les dieux sont de retour. La Walkyrie observe son destin, Siegfried cherche le sien, défiant des forces qui le dépassent.

Avec ce deuxième volume de la série, longtemps attendu, Alex Alice nous livre un chef-d'oeuvre à couper le souffle. Chaque dessin est un tableau de maître, le scénario, entre tragique froid et humour, entraîne le lecteur dans un univers où l'ether n'est jamais loin. Car c'est bien une rencontre avec les dieux que l'auteur propose, où la beauté hellénique des êtres et des choses n'a d'autre justification qu'elle-même.

A ne pas manquer.

Arthur Lamarche.

..................Les dieux veillent toujours sur le monde