mercredi 16 juillet 2008

Nation festive... et les Gaulois ?


Lundi, 14 juillet, la Nation française s'est montrée, exhibée, défoulée... Et les Gaulois dans l'histoire ? Sommes-nous encore une nation, c'est-à-dire, selon la définition que donnent encore de ce terme les grands dictionnaires de la langue française, un peuple partageant un territoire, une langue, une culture commune, une histoire et une ancestralité commune ? Il est plus qu'évident pour tout le monde que ce n'est plus le cas... et pourtant nous continuons de faire semblant... Pour combien de temps encore ?

A Domrémy-la-Pucelle, la Vierge guide toujours la courageuse Jehanne qui, pour nombre de Gaulois, de sainte est devenue comme la déesse tutélaire de leur pays...

Une mandibule néandertalienne pour mieux comprendre les premiers peuplements de l'Europe


Nous vous parlions il y a quelques temps des récentes découvertes en paléonthologie humaine de l'Europe, qui remettent profondément en question la vision traditionnelle d'une Europe comme simple annexe de l'Afrique. C'est un domaine de recherche qui évolue constamment, comme le montre encore la découverte d'un fragment de machoire de Néandertal (homo Neandertalensis), dans la célèbre grotte de Tautavel.


AFP 9/7/2008 : "Une mandibule ante-néandertalienne découverte dans la grotte de Tautavel, qui devrait permettre de mieux connaître l'Homo erectus européen vivant en Roussillon il y a 450.000 ans, a été extraite mercredi du sol par les chercheurs. Cette mandibule, mise au jour le 19 juin à l'emplacement d'un campement de chasseurs acheuléens situé dans la grotte, ou "Caune" de l'Arago, a été entièrement dégagée par les chercheurs du centre européen de recherches préhistoriques de Tautavel.

Mme Marie-Antoinette de Lumley, qui dirige les fouilles sur le site depuis 1964 avec son époux, le professeur Henry de Lumley, président du centre européen, a sorti, mercredi, la mandibule de terre. Elle l'a ensuite présentée à une cinquantaine de chercheurs et d'étudiants participant aux fouilles, ainsi qu'à quelques personnalités, dont le préfet des Pyrénées-Orientales."C'est une découverte très importante, car il y a très peu de mandibules découvertes jusqu'à présent en Europe. Moins de 10 mandibules antérieures à 400.000 ans ont jusqu'ici été découvertes", a déclaré le professeur de Lumley. "Elle permettra de comprendre, avec les trois autres mandibules découvertes sur le site de Tautavel, la variabilité et la diversité des Homos erectus européen. Elle apportera des données exceptionnelles, nouvelles, pour comprendre l'évolution des hommes et les premiers peuplements de l'Europe", a-t-il ajouté."C'est une mandibule d'une dame assez âgée, d'environ 30 ans, ce qui est élevé, car à l'âge préhistorique l'espérance de vie était de moins de 25 ans. Elle a été trouvée sur la même couche et à un mètre de distance que la précédente mandibule découverte le 10 septembre 2001, et qui appartenait à une jeune fille de 17 ans", a-t-il poursuivi. M. de Lumley a estimé que la femme à qui appartenait cette mandibule "a dû être mangée par ses semblables, car elle gisait au milieu d'un amas d'ossements de grands herbivores".

Ces deux mandibules ont été trouvées sur un sol jonché d'ossements mélangés dans un charnier avec des ossements de chevaux, de bisons, de rhinocéros, de rennes, de boeufs musqués et de renards polaires, ce qui prouve, selon le professeur, que le climat à l'époque était beaucoup plus frais que celui du Roussillon actuellement. La mandibule, baptisée "Arago 119", est le 119e reste humain retrouvé à Tautavel, un site incontournable pour l'étude des premiers habitants de l'Europe. Elle a été découverte par une jeune femme de 28 ans, Audrey Lee, qui participait à un stage de fouilles. Selon le professeur de Lumley, 1000 m2 du site de Tautavel ont jusqu'à présent été soumis à des fouilles."

A. Piedfer

dimanche 6 juillet 2008

Un aspect peu connu de la religion gauloise : le culte familial

On ne sait malheureusement pas grand chose du culte domestique que pratiquaient nos ancêtres gaulois et les découvertes archéologiques n'ont pas, dans ce domaine, pu nous faire remonter à la période indépendante. En revanche, à l'époque gallo-romaine, Il semble qu'il se présentait sous l'aspect de deux traditions différentes, l'une directement issue de l'influence romaine, l'autre exprimant peut être un conservatisme religieux gaulois et les deux exercées selon trois modalités particulières. De la même manière que leurs « occupants », les gaulois honorent les Lares et les Pénates, qui sont des divinités protectrices de la maison et du foyer, et qu'on installe dans des laraires, petits sanctuaires domestiques pouvant prendre la forme d'une petite niche dans l'atrium, ou d'une petite construction surélevée ou directement peinte sur un mur. On place donc dans ces laraires classiques les Lares et les Pénates mais aussi des figurines, souvent en bronze qui peuvent représenter Jupiter, Mars, Mercure ou Junon, et dont on a retrouvé un certain nombre (à Rouen, à Avenches en Suisse, etc ...)

A côté de ces laraires abritant des divinités de bronze spécifiquement romaines, on a retrouvé aussi des petits sanctuaires ou autels domestiques conservant des figurines en terre blanche et en calcaire qui sont d'un type gallo-romain beaucoup plus marqué, et représentant, comme à Langon en Ille et Vilaine une Cérès, des Vénus anadyomènes, un Mercure, des Déesses-Mères, un cheval...
A Rezé en Loire Atlantique, c'est aussi un laraire se rattachant à la tradition romaine qu'on a découvert mais dont les figurines et les divinités qu'il abrite, à savoir, un chien, gardien de la maison, un porc, symbole de fertilité et trois déesses protectrices, en font un petit sanctuaire privé entièrement consacré à des croyances indigènes.
On s'est demandé si ces laraires « mixtes » de type gallo-romain étaient l'expression d'un processus de romanisation en cours ou bien au contraire de retour aux traditions gauloises. On peut citer à l'appui de cette dernière thèse, le sanctuaire dédié à Mithra à Mackwiller dans le Bas Rhin qui fut en partie ruiné à la fin du IIIe siècle et au lieu d'être reconstruit fut remplacé alors par un « sanctuaire de source », construit sur un plan indigène, ce qui corroborerait le retour, à cette époque, aux traditions religieuses indigènes les plus anciennes.


Enfin, on a aussi découvert quelques niches ou édicules aménagés dans des caves, comme à Argentomagus (Argenton sur Creuse en 1986), où ont été mis à jour les vestiges d'un édicule maçonné renfermant deux statues et un phallus disposés derrière une petite table circulaire.
Les deux statues pourraient être les figurations du dieu Kernunnos et d'une divinité de la prospérité familiale, le phallus représentant la fertilité... C'est Joël Le Gall, qui fut le directeur des fouilles sur le site d'Alésia où l'on trouva, dans le sous sol de la « maison à la Mater » et dont l'escalier s'ouvrait dans la cour de la propriété, une statuette de déesse-mère au pied d'une niche, qui donna à ces sanctuaires le nom de « caves sanctuaires ». « Si elles présentent les mêmes caractéristiques que les caves utilitaires, précise Gérard Coulon (« à la rencontre des Dieux gaulois »), elles comportent en plus une ou plusieurs niches aménagées assez haut, dans les parois, qui abritent une ou plusieurs statues de déesses-mères ou de dieux domestiques ». En outre, les « caves sanctuaires », pour lesquelles Coulon préconise de substituer l'expression d' « oratoire privé en sous sol » présentent aussi la particularité d'abriter un guéridon de pierre à un seul pied, parfois décoré.


..........................................L'autel domestique d'Argentomagus


Ces détails sont rares dans les découvertes afférentes à la tradition romaine: pratiquement pas de laraires aménagés dans un sous-sol, extrême rareté des tables. Il semblerait donc bien que ces oratoires privés souterrains soient spécifiquement gaulois et Joël Le Gall est catégorique: « ces chapelles n'avaient aucun rapport avec les laraires romains, les dieux qu'on y honorait étaient les dieux nationaux de la Gaule ». La localisation souterraine peut s'expliquer de différentes manières: on a pu dire que la cave était l'endroit idéal pour honorer les divinités familiales de la fécondité et de la prospérité puisqu'elle est tout à la fois fondement de la maison, lieu sombre à l'abri des regards du public, resserre à provisions, et donc lieu privilégié pour demander à ces divinités les bienfaits matériels de leur protection, de la prospérité et de la sécurité . Raison supplémentaire, selon Joël Le Gall, si les gallo-romains pour accueillir leurs dieux dotaient leurs maisons d'un sous sol, c'est parce qu'il «leur rappelait les huttes à demi enterrées que les hommes partageaient jadis avec eux. Sans doute pour se rapprocher davantage encore de ce souvenir, on eut soin que l'escalier de ce sous sol débouchât toujours à l'air libre dans la cour de la maison ».
Il semblerait donc bien établi que ces oratoires privés ne participent en rien à la tradition romaine. En revanche, on ne sait pas s'il s'agit d'une vieille coutume indigène dont ne nous serait, pour une raison ou pour une autre, parvenu aucune trace de la période indépendante et qui continuerait à avoir cours sous l'Empire dans un nouveau cadre de vie; ou s'il s'agit de la transposition en Gaule intérieure, du laraire classique. La première hypothèse fait son chemin et Jean Louis Brunaux dans ses travaux sur les religions gauloises note que « l'autel dans la maison n'est à priori pas à rejeter » même si sa réalité ne pourra être prouvée que par l'archéologie . A l'heure actuelle, malheureusement, les découvertes sont encore trop peu nombreuses pour pouvoir juger de la place de ces sanctuaires souterrains dans la religion privée. En revanche, on peut se demander, comme Gérard Coulon, si « la coexistence de ces deux traditions religieuses d'expression bien différentes ne pourrait pas contribuer à appréhender une certaine dualité de la société gallo-romaine ? »

Omios.

lundi 30 juin 2008

Un site pour redécouvrir la richesse de l'identité française



Nous voudrions signaler, à nos lecteurs qui ne le connaitraient pas encore, le très beau et très utile site "Nos villages de France", vitrine internet de l'association Les plus beaux villages de France, dont vous avez peut-être déjà remarqué les panneaux lors de vos voyages dans notre pays. Le site propose de découvrir, pour chaque région française, une série de très beaux bourgs et villages, représentatifs de l'architecture traditionnelle, de l'art de vivre et de la culture de chacune de nos provinces historiques.


Pour chaque village, une petite notice historique et culturelle, accompagnée de très belles photographies originales. Plus encore, le site propose aux lecteurs de participer, en envoyant leurs propres photographies (rubrique "contact") pour compléter les séries qui s'y trouvent déjà, ce qui permet à chacun de faire connaître ce qui l'a plus particulièrement touché ou de démontrer son talent d'artiste !

En ces temps où les Gaulois cherchent à nouveau à se construire une culture commune, on ne peut que saluer cette très bonne initiative.

Arthur L.


Estaing, dans l'Aveyron, sur les bords du Lot, l'un des "plus beaux villages de France".

La forteresse gabale

Le Mont Lozère fait figure, au coeur des Cévennes, de forteresse granitique qui depuis toujours veille sur le territoire des Gabales, ces farouches Gaulois montagnards forgés par les roches, les eaux glaciales et les forêts de conifères.
Culminant à près de 1700 m d'altitude, il met en contact le Massif central intérieur et son rude climat montagnard avec la vallée du Rhône et la plaine du Languedoc, au climat méditerranéen plus doux. Ce contraste entre le versant nord-est et le versant sud-est en fait une montagne fascinante, pleine de surprises et d'inattendu. Espace d'élevage depuis la plus haute antiquité, le Mont Lozère était connu jusqu'à Rome, où les fromages qu'on y produisait étaient fort appréciés, d'après Pline l'Ancien (Ier siècle ap. J.-C.).
...
Beaucoup de temps a passé, mais le Mont Lozère est toujours là, sentinelle immortelle du peuple gabale, dont les fils et les filles sont toujours les hôtes privilégiés.

samedi 28 juin 2008

Six idées reçues sur les Celtes


Depuis qu'on s'intéresse à eux, les Celtes ont fait l'objet de beaucoup de fantasmes, de manipulations et d'instrumentalisation idéologique. Une petite mise au point sur quelques idées reçues, hélas encore largement partagées aujourd'hui. L'ignorance ou la mauvaise foi aidant, il n'est pas rare de lire de belles bêtises sur la civilisation de nos ancêtres et sur leur place dans l'édification de la France et de l'Europe [1].

1/ "Les Celtes ne connaissaient pas l'écriture"

C'est absolument faux. L'usage en est extrêmement ancien : de Castelleto Ticino, Via Aronco, en Italie du Nord, provient une inscription celtique sur vase à boire datée du deuxième quart du VIème av. J.-C. ; elle est donc aussi ancienne que les plus vieilles inscriptions latines ! Elle est gravée dans l'alphabet dit de Lugano, dérivé de l'alphabet nord-étrusque, qui a couramment servi aux Celtes d'Italie du Nord dès le VIème siècle. Plus tard, l'usage de l'écriture est devenu très courant de part et d'autre des Alpes. En Gaule intérieure, c'est souvent, en particulier à partir du IIème siècle av. J.-C., l'alphabet grec qui est employé par les Celtes pour transcrire leur langue.


Inscription gauloise en alphabet grec, de Vaison-la-Romaine. Dédicace d'un nemeton (enclos sacré) à la déesse Belisama, IIème siècle av. J.-C.


2/ "Ils faisaient des sacrifices humains"

Les sources gréco-latines évoquent la pratique de sacrifices humains par les druides, et certains sites archéologiques semblent suggérer des meurtres rituels.
Mais les fouilles archéologiques montrent que les corps humains déposés rituellement sont très rares (comme par exemple à Ribemont) : le sacrifice humain n’était pratiqué que dans des circonstances exceptionnelles, épidémie ou guerre. Strabon notamment rapporte le sacrifice d’un homme, à l’aide d’une épée, dans un but divinatoire : ceci concerne donc les vates, responsables de la divination, et non les druides. Il est probable en revanche que les druides aient plutôt cherché à réduire la pratique du sacrifice humain. Ajoutons que la cérémonie qui avait lieu tous les cinq ans ne concernait que les prisonniers exécutés dans le cadre d’une sanction judiciaire, et la pratique semble avoir été abandonnée à l’époque de César. Comme à Rome sans doute, le sacrifice humain fut donc peu à peu remplacé par le sacrifice animal.


3/ "Ils combattaient nus"

Certains auteurs grecs, en effet, évoquent d'impressionnants guerriers celtes se présentant "nus" devant l'ennemi. En fait, cette pratique est peu attestée, jamais décrite par les auteurs latins qui se sont intéressés à la question. Pas un mot de César sur la question, par exemple. Comment alors comprendre cette affirmation ? Il probable que les auteurs grecs, habitués à voir combattre les hoplites, les "hommes de bronze" avec leur armement lourd, aient pu être frappés par la légèreté de l'équipement de certains fantassins celtes, spécialisés dans l'escarmouche. Et en effet, de nombreux auteurs, notamment Polybe et Tite-Live, décrivent cette tactique des Celtes qui consistait, avant la bataille rangée, à harceler l'ennemi par des attaques éclair. Combattre "nu", c'est donc, pour les Grecs, avant tout combattre sans la lourde armure de bronze qui leur paraissait indispensable pour remporter la victoire.


4/ "Ils ignoraient la ville"

Il s'agit encore d'une affirmation fausse. Dès le Vème siècle av. J.-C., les Celtes d'Italie du Nord fondent Mantoue et Côme, puis, au siècle suivant, les Insubres fondent Milan (Mediolanum). L'auteur grec Polybe leur reconnaît d'ailleurs ce caractère de "fondateurs de villes", ce qui n'est pas rien venant d'un Grec. Vers la même époque ou même un peu avant, en Gaule intérieure, des villes se développent dans l'entourage des "princes" de la fin de la période de Hallstatt (VIIIème - Vème siècles av. J.-C.), comme l'ont montré les recherches de Bruno Chaume autour de la tombe de la Dame de Vix (Bourgogne).
Plus tard, au IIème siècle av. J.-C., éclot en Gaule intérieure ce que les historiens appellent "la civilisation des oppida" : les Gaulois, partout, édifient de puissantes cités fortifiées, dont les archéologues redécouvrent aujourd'hui l'ampleur, comme à Bibracte, à Gergovie ou à Corent.


...................L'impressionnant oppidum d'Ensérune, en Languedoc.


5/ "Leur pays était sauvage et couvert de forêts"

Cette idée découle d'une lecture peu attentive des sources gréco-latines, qui évoquent par exemple la "Gaule chevelue", ce que certains ont compris comme "couverte de forêts", ainsi que de l'état longtemps lacunaire de la connaissance des vestiges matériels de la civilisation celte antique. Ces conclusions ont longtemps alimenté une vision romantique de la civilisation celte, qui se serait développée dans des pays de forêts, de landes, de rochers, où les hommes peu nombreux et dispersés auraient développé des vertus de "bon sauvage".
L'archéologie a aujourd'hui démontré [2], sans conteste, que la Gaule des IIème-Ier siècles av. J.-C., au contraire, s'était non seulement couverte de villes, mais encore que ses campagnes étaient intensément exploitées, densément peuplées. L'agriculture des Gaulois, très riche et productive, suscitait l'admiration des Romains, comme l'écrit explicitement Polybe à propos de la Plaine du au IIème siècle av. J.-C., ou encore Pline pour la Gaule celtique (nord de la France) au Ier siècle ap. J.-C.
Au temps de Vercingétorix, les pays gaulois d'entre Rhin et Pyrénées comptaient probablement près de 18 millions d'habitants [3] ! Évidemment, l'idée que l'essentiel du peuplement de notre pays s'est fait à une époque aussi ancienne n'arrange pas ceux qui aujourd'hui, pour des raisons idéologiques, voudraient faire croire que les Gaulois sont le produit d'un perpétuel "métissage".

Picardie : Tailly l'Arbre à Mouches. Vestiges de fermes gauloises, IIème-Ier siècles av. J.-C.

6/ "Ils étaient grands et blonds"

C'est ce qu'affirment tous les auteurs gréco-romains. Il faut comprendre, pourtant, que la plupart d'entre eux ne connaissaient pas directement les pays occupés par des Celtes, et que ces descriptions un peu caricaturales sont le produit de l'observation de quelques voyageurs méditerranéens au-delà des Alpes ou des montagnes de la Thrace. Elles correspondent en fait à une vision générale de l'Europe intérieure, pas des Celtes en particulier ; comme il est naturel en pareil cas, on force les traits pour mieux faire ressortir les différences avec ce que l'on connaît. Si les Celtes en général étaient, comme l'a montré l'archéologie funéraire, plus grands en moyenne que les populations méditerranéennes, qu'ils avaient plus souvent que les Grecs ou les Romains les cheveux clairs, les yeux bleus ou verts, d'une part les peuples celtes n'étaient pas tous identiques les uns aux autres, d'autre part ils n'étaient pas systématiquement des géants blonds. Comme l'avait écrit l'historien Ferdinand Lot il y a plus d'un demi-siècle, pour savoir à quoi ressemblaient les Gaulois, le mieux est encore d'observer les Français d'aujourd'hui !


Amaury Piedfer.


[1] On lira en particulier l'article édifiant de Suzanne Citron, "historienne et auteure", publié par Rue89, ainsi que les commentaires qui l'accompagnent, montrant la crédulité de certains lecteurs mais aussi, fort heureusement, le sens critique d'autres.

[2] Voir l'ouvrage de O. Buchsenschutz, Les Celtes, A. Colin, Paris, 2007, pour une synthèse récente sur la question.

[3] C'est le chiffre que donne J.-L. Brunaux, "Nos ancêtres les Gaulois", L'Histoire, décembre 2007.

vendredi 27 juin 2008

Grand spectacle gallo-romain à Autun



L'antique capitale gallo-romaine des Eduens, Augustodunum, organise chaque année un grand spectacle historique sur le temps des Gaulois et des Gallo-romains, un spectable qui mobilise plus d'un miliers d'acteurs, musiciens et figurants. Plusieurs représentations sont prévus, les 1er, 2, 6, 8 et 9 août 2008. Sur place, sont prévus cette année des ateliers, un village gaulois, une restauration gauloise, dès 19h, avant le spectacle.

Un spectacle d'une ampleur exceptionnelle, dans un cadre exceptionnel : le théâtre de la ville antique, le plus grand de toute la Gaule, digne de la Roma Celtica, d'une capacité de 20 000 places. Un beau projet pour raprocher les Gaulois de leur Histoire et de leurs racines.





Les armes de la ville d'Autun, rappelant l'antique fraternité entre Autun, "Rome Celtique", et la Ville.


Pour plus de renseignements, rendez-vous sur le site de la ville d'Autun.



Le majestueux théâtre gallo-romain d'Autun, qui reste le cadre d'une vie culturelle dynamique
...
Amaury P.
(merci à Marie)

jeudi 26 juin 2008

Le Paris des chasseurs-cueilleurs


Une équipe de préhistoriens de l'Inrap exhume, dans le XVe arrondissement de Paris, les traces ténues des derniers chasseurs-cueilleurs de la préhistoire. Sur prescription de l'État (Drac Île-de-France), cette fouille de 5000 m² est réalisée sur l'emprise d'un futur centre de tri de collectes sélective, rue Henry-Farman. La Seine, aujourd'hui à 250 m du site, empruntait il y a 10 000 ans un bras plus ancien repéré sous l'héliport. Ce site, sur la rive gauche, est le premier jamais fouillé pour la période Mésolithique (9000-5000 avant notre ère) à Paris. Sa position en bordure du fleuve a favorisé la conservation des occupations humaines préhistoriques, scellées par plusieurs générations de limons de débordement de la Seine.

Il y a 9 000 ans

Chasseurs-cueilleurs nomades, les hommes du Mésolithique ont établi sur ces berges leurs haltes de chasse à plusieurs reprises. Ils y ont abandonné des silex taillés et des fragments d'os d'animaux probablement consommés sur place. Ces vestiges mais aussi un foyer laissent présumer des bivouacs de quelques jours à plusieurs semaines. Boucherie, grattage des peaux pour la confection de vêtements ou de tentures ont été pratiqués sur place à l'aide de grattoirs et d'éclats. De nombreux déchets de silex révèlent que les hommes y ont surtout renouvelé leur panoplie de pointes de flèches. Caractéristiques de cette période, ces minuscules pointes aux formes géométriques étaient fixées à l'aide d'une résine à une hampe de bois. Si les galets de silex issus des alluvions de la Seine ont été privilégiés, des grès provenant d'affleurements tertiaires de Meudon ou Clamart ont été acheminés sous forme de blocs ou de préformes pour produire des outils prismatiques.
La fonction de ces outils est inconnue, elle pourrait toutefois être liée à la production des pointes de flèches en silex ou de leur hampe de bois. Dans un paysage tempéré où la forêt remplace la steppe glaciaire, où le cerf et le sanglier succèdent au renne et au mammouth, l'arc, apparu vers 12000 avant notre ère l'arc, est l'arme de prédilection des chasseurs mésolithiques. C'est durant cette période que l'industrie lithique tend au microlithisme.

Bien plus tard…

Fragments de haches polies, céramique, décorée ou non, témoignent de la fréquentation bien plus tardive des berges de la Seine, celles du Néolithique moyen (4200-3500 avant notre ère), du Néolithique final et du Bronze ancien (2500-1500 avant notre ère), enfin du premier âge du Fer (800-500 avant notre ère). Défriché, mis en valeur, le terrain devient une terre agricole en périphérie de village.


Le site de l'Inrap (Institut National pour la recherche en archéologie préventive, chargé des fouilles de sauvetage)


Amaury P.
(merci à Tuttiquanti)

mardi 24 juin 2008

Traditions culinaires : le Moyen-âge

Nous avions publié, il y a quelques mois, une longue notice sur les restaurants français proposant de la cuisine médiévale, souvent dans un cadre évoquant cette période de notre histoire.


Nous l'avons récemment complétée et nous voudrions en particulier signaler au lecteur Le Relais Médiéval, à Nozeroy dans le Jura, qui propose cette année une série de grands banquets, avec conteurs, jongleurs, musiciens, et costumes médiévaux pour tous les participants.

Les dates :
samedi 28 juin
samedi 20 septembre
samedi 11 octobre
samedi 15 novembre
samedi 13 décembre

Tous les renseignements sur :

Arthur L.


Les Druides : Tome 4



Le tome 4 de l'excellente série Les Druides vient de paraître, toujours dans la collection Soleil Celtic de l'éditeur Soleil. A découvrir d'urgence, pour la très grande qualité des dessins, l'originalité du scénario, et l'atmosphère féerique qui s'en dégage... A découvrir aussi, le blog de Jacques Lamontagne, talentueux dessinateur de la série.


Arthur L.



L'une des planches, superbe, du tome 4 des Druides.